lundi 29 juin 2009

Pauvre Don Juan

Tu n'étais pas le seul à croire étreindre la queue des comètes
ou objets durs interplanétaires, la poussière d'encre s'éveille,
renaît en chacun de tes homologues, fiers confrères accroupis,
croassant des chants de lyre aux ressources écornées, démolies,

à la lueur d'une lune de forte stature, madone lointaine, ivre,
en quête de la moindre douceur lorsque le monde est endormi,
tes envols frénétiques rivent au coin de mes lèvres un sursaut gris,
de quels mots parles-tu, de quel mal souffres-tu qui te conduisent

à frapper la femme au sac de ses sentiments, au détour de ses bleus?
Quel ivresse sculpturale te pousse aux bras inertes qui passent en rêve,
quel raisonnement emphatique te permet de croire que seule ton enveloppe
serait susceptible d'éveiller un quelconque intérêt? Irrésistibilité, vanité?

Aucune de ces deux solutions ne saurait satisfaire à l'insoluble question,
Pauvre Don Juan, après avoir dressé ta liste macabre de noms qui dansent
inertes claquant de leur maigre squelette, mange et dors, sors dans la pénombre,
pousse tes sombres cadavres dans le charriot de ton propre désespoir!

Seul tu es, dans ces innombrables tentatives à croire que tu existes,
tu te traînes et cherches en autrui, le moyen de détruire ce qui en toi
te déplaît, adorer la peau pour mieux s'immiscer dans le cerveau,
mieux introduire les cloques de tes fantasmes gluantes de fausses larmes.

Seul, mon pauvre beau spécimen, comme un bégonia éteint, plus aucune lueur,
dans tes putrides pupilles rivées à l'intérieur de tes messages singuliers,
seul, sculpture frigide nouée au monde pour un temps qui vrille,
mais ne sourcille, les fruits de ton exultation ne sont pas moisson,

sans doute dispersion, volatilité extrême, brûlure hystérique,
joie morbide d'écharper la moindre trace de pureté, ou sincérité,
je te connais sans peur, lisse tes failles au miroir de mon étonnement,
je te reconnaitrai à travers toutes les autres fleurs de lys frêles, mièvres.

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