dimanche 18 avril 2010

des traces de cendre

une trace douce en forme de laine
de fils croisés, si peu tissés, ajourés
tel un fin grillage argenté, un jupon noir,
tu sais, je ne te vois plus dans mon coeur,
j'écarte mes doigts en éventail, gris épouvantail,

des cerises éclatent sur mon sommeil,
des larmes de sucre coulent depuis ma paupière fermée
jusqu'à l'échancrure de mes rêves, des frises de papier
moussent blanc-beige, offrent un doux murmure,
un raclement de gorge chaude, de salive opaque,

mes pensées poussent et repoussent à la pelle
toutes ces pensées loin de dispenser les effets de l'opium,
c'est un large rejet de tout ce qui incarne les instincts de vie,
cette argile muette que je modèle en fonction des vagues salines
qui font irruption et recouvrent mes mousses et lichens assoiffés

j'ignore le bruit de la laine contre ton oreille, une douceur de plume?
le friselis des fils en déroute? les rivages mousseux d'un cocktail amer?
j'ignore tout, tout de la vie qui se déroule comme le serpentin ridicule
et festif dans lequel on envoie tout son souffle débile afin d'en obtenir
un coassement cacophonique, j'ignore cette promesse à moi-même

déclarée ce jour inopportun, sous les brumes du lierre vert de pierre,
un sommeil, loin des cerises, me retient en apnée, les yeux rivés
aux flancs de plomb célestes, des rais assassinent les rétines incrédules,
le temps se précipite dans ses longues babouches noires, enjambe
mes fragiles ressentiments, m'enrobe d'ombre funeste, se glisse

en sursis, m'intimant l'ordre de me révéler, de secouer les frusques
maigres dans lesquelles je tente de me blottir, je frôle les feuilles douces
les racines agressives du lierre, je rentre, et sous ces franges étranges
de sensations de vie fugitive, sursaute à l'idée de tracer des fantômes
de craie, ou ce qui peut apparaître comme clapotis indiscernable

une mare insondable de pigments sensitifs à fleur de page.

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