jeudi 29 octobre 2009

spirale de pierre

colimaçon ardu de sentiments pointus
rêvant d'appartenir à la lignée des rêves humains,
mais je ne vois que pierre ankylosée, graduée,
pleine en pied, peine de l'homme, dure,
elle n'obéit guère qu'à son immobilité froide,

torse nu pierre ne frissonne jamais, coeur de
pierre ne sourcille non plus si ce n'est pour s'émouvoir
d'une infime dégradation portant atteinte à sa perfection,
une frange de mousse s'installe, frigide végétal,
serpent gris aux écailles tordues, mol reptile nubile,

colimaçon ardu de sentiments pointus,
je rêve de messages charnus, de bagages velus
susceptibles de m'adorer lors de bleus voyages,
groupe de brindilles charmantes pourléchant ma pensée,
tout en haut la tour marmoréenne aux bras de l'horizon,

j'appréhende ces dédales indécis, inconstants de l'ombre,
de la froidure, de frondaisons pendables qui masquent
toute tentative de dard réconfortant, ces dédales
s'enroulant tels de longues écharpes strangulant
la moindre échappatoire sentimentale ou respiration

en moi se déploient les chemins lugubres d'esprits tortueux,
tortues lourdes de tragédie blanche, attaques en différé
qui me laissent ivre les bras en croix, crucifxion expiatoire
censée brûler des tâches qui ne sont pas miennes,

colimaçon des débris de pierre insalubre, descendre
ces marches abruptes le plus rapidement possible,
se hâter sans tomber, ne pas oublier l'absence des rembardes,
aucune protection, chute libre, vertige de l'égarement,
vite, retrouver le sol des fleurs, des arbres et de ma soeur.

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