Mes textes ne veulent rien dire!
c'est un reproche mort qui me laisse
non sans mots mais sans voix!
les mots doivent interpeller le lecteur,
lui offrir le droit de rêver.
Mais comptez vos doigts, rompez vos lois,
ne comprenez pas, c'est codé, à double sens,
et je ne sais dépecer ces bardes molles
qui entourent systématiquement mes formules
comme si je voulais me cacher, une première écorce,
puis une autre, une étoffe enroulée sur des kilomètres,
un cocon inviolable qui n'appartient qu'à moi,
pudeur extrême des mots qui sont chair et profondeur,
sang et ongles, blessures mêlées conservées à l'étouffée,
comme si je voulais à la fois rompre les codes
mais malgré tout m'enfermer dans une gaine,
poser les barrières de mon être en piquets rigides,
puis on écrit on pétrit on renvoie de soi dans les mots
les lignes qui défilent non pour nous survivre
mais nous inscrire dans une trajectoire commune
jamais si exceptionnelle, on peut tout écrire, sa vie,
ses souvenirs, mais l'humilité peut être telle que l'on
s'astreigne plutôt à gommer ses traces et ainsi favoriser
l'élan créateur autonome, riche de sa spontanéité,
simple mouvement musical, mots posés comme des tableaux,
des coups de pinceaux, des bleus guéris par cette magie.
Mais je prends note, je me lamente de ne pouvoir m'inscrire
dans cette importune réalité figée comme une lune
je me réjouis de m'enfuir dans la cavalcade insensée des mots,
je m'instruis de votre étonnement, je le rédige puis le néglige,
le tout, l'essentiel étant que les mots soient un vrai reflet
en totale adéquation avec mes tapisseries intérieures si peu étranges.
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)

Tu me confortes dan sl'idée que je me fais de mon écriture. A ce titre, merci. Et curieux quand même que "message" ne donne rien, alors que "liens" donne "message"... Ah là là .....
RépondreSupprimertu te confortes dans l'idée que l'écriture féminine est une bouillie de pois cassés!
RépondreSupprimer