Sur des dalles grèges courent des signes
bruts comme fier granit, des lézardes
bues comme sang frais versé au hasard,
sacrifice exigent aux rites purificateurs,
sur des dalles beiges courent des mains
sources fâcheuses de ballets insignifiants,
roses ignares et volubiles, ivres de paroles,
violettes cachées au fond du sac vicieux,
il s'y inscrit des signes vert poison acide
une cabale se noue, un souvenir s'évapore,
l'instant présent fume d'ignominie,
les dalles coulent, épongent cette facilité
déployée à obtenir le pardon immédiat
pour la tache indélébile, le ciseau vrillé
dans les seins du néant, tire sa proie
hors du rêve, l'extrait d'une noire magie
sans pour autant vouloir délibérer,
tu laisses les messages s'envoler tristes
oiseaux de papier au goût mâché, âpre,
les signes seulement t'obnubilent,
partagent sans relâche la moitié de
tes actes quotidiens au relent de lenteur
incrustent leur bracelet magnétique
dans le fond de ton cerveau révolutionné.
Sur les dalles grèges de ce qui n'était pas l'amour,
tu déflores mes appréhensions, pousse les portes
de palissandre de mes émotions, les piétinant
sans sourciller, sans ombrage, sans nuages,
tu repars de l'autre côté du miroir, te questionnant
irrémédiablement sur l'existence tangible d'autrui,
quel est cet être qui me ressemble, n'est qu'une enveloppe,
ni vide, ni pleine, que je ne peux secouer pour en vérifier le contenu?
Quel genre de dommages puis-je causer en guise d'expérience,
à cet autre que moi? Le flatter, tirer les nattes de sa crédulité,
puis faire marche arrière, casser, meuler, ramper, s'excuser,
face à une réceptivité égale à la mienne, reptile ignoré!
En marge, j'opte pour les marges, les marches, les dalles,
dans lesquelles je me fonds inextinguiblement,
conglomérat de pierre broyée fustigée ruinée concassée
mon sourire n'a d'autre but que de sauvegarder ton image
brillante au fond de mes rétines, de mes routines débiles,
ce souffle que j'avais cru pressentir sur le vent de mes mains
et plus loin sur la pointe de mes seins, le bas de mes reins,
ces larmes croisées, mélangées qui semblaient nous lier à jamais.
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