vendredi 3 juillet 2009

le frelon me pique

Le frelon tourbillonne autour de mes oreilles,
rayé de velours, ventru, imbu de ses circonvolutions,
j'esquisse un geste de recul envers ce que je crains
comme une piqûre douloureuse, prête à me voir
gonfler comme un ballon de baudruche rouge vif,

j'imagine le bruit de ses ailes, une voile miniature
de navigation archaïque, un cri de violon faible,
j'étire le pavillon externe de ce qui me tient lieu d'oreilles,
mais aucun souffle, l'oreille interne reste terne, tait sa colchée,
les cellules cilliées boudent un quelconque rimmel,

ne m'offrent plus ces infimes cocktails de tasses de sons,
s'intériorisent calcinéés à tout jamais, ventres morts,
coquillages béants, stériles vides de vie, alors je caresse
la vue de velours, privilégie les qualifications nominales,
en délivre à profusion, la vue contre l'ouïe, c'est équitable,

j'imagine donc le bruit glissant des ailes diaphanes
qui dirigent ce frelon, brutal à l'occasion s'il bute
sur un obstacle rigide, cherche son oeil, petit, rond,
noir, je suppose, son nombril, ses rides, mais c'est un frelon
affairé, en quête de nourriture, de progéniture, de procréation,

il pourrait me piquer, m'attaquer, hurler, me retourner,
tout simplement il s'en retourne, part vers d'autres lieux,
d'autres cieux, d'autres nectars, d'autres voyages, d'autres magies,
me laissant ainsi confrontée au simple bourdon existentiel.

1 commentaire:

  1. Ma grande, je pourrai bientôt te parler de mes oreilles en bouillie... Comment ? Tu n'entends plus non plus le Bol du Vourdon ? Efface les commentaires à tous !!!

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